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Présentation

Tout le monde connaît Les Simpsons, le désormais célèbre dessin animé de Matt Groening. Voilà 12 ans qu'ils ont envahi nos écrans. Mais derrière les blagues de Bart, l'idiotie de Homer et les leçons de morale de Lisa se cachent peut-être d'autres idées. Les Simpsons ne sont pas seulement différents de ce que l'on voit, ils sont même tout le contraire… Du moins, c'est la thèse proposée par Douglas Rushkoff, célèbre critique média aux USA, dans son livre "Media Virus" (ed .Ballantine).

Oui, Les Simpsons sont drôles. Oui, ils ont conquis toute une génération de jeunes et de moins jeunes par leur sens de l'humour décalé et leur ironie. Mais Les Simpsons ne sont pas seulement un bon moment de divertissement; ils sont aussi subversifs. Ils critiquent la société dans laquelle nous vivons, ses institutions, son modèle familial, sa morale et tout le reste. Les enfants qui regardent ce show reçoivent plus que ce qu'ils en demandent.

A l'occasion de la sortie en DVD de la première saison, Hallucinez.com ne pouvait pas laisser passer l'occasion de vous présenter l'incroyable univers des Simpsons. Bonne visite !


Il était une fois la famille Simpsons ...


C'est en 1987 que James L. Brooks, fondateur de "Gracie Film", contacte Matt Groening pour développer une nouvelle série animée. Les premières apparitions des Simpsons se font dans le "Tracey Ullman Show" durant de courtes séquences de 15 à 20 secondes et c'est à partir de Noël 1989 que la FOX diffuse les premiers épisodes de 22 minutes de façon régulière.
Les Simpsons sont pour Matt Groening l'occasion de continuer sa croisade contre l'imbécillité humaine, et même si quelques lieux, personnages ou situations restent encore personnelles à Matt, Les Simpsons ne sont plus du tout une œuvre autobiographique. Les Simpsons (nom très répandu aux Etats unis) raconte donc les tribulations d'une famille américaine moyenne, à travers des situations aussi diverses qu'absurdes.

La famille Simpson vit à Evergreen Terrace, un hameau résidentiel de Springfield, moyenne ville paumée des Etats Unis. La position géographique de la ville reste volontairement inconnue (on recense trois villes portant le nom de Springfield aux Etats Unis). Les parents Marge et Homer (leurs noms proviennent des propres noms des parents de Matt Groening, Margaret et Homer Groening) sont un couple d'américain typique, avec leurs trois enfants, Bart, Lisa et Maggie, et leurs deux animaux le chien "Petit Papa Noël" et le chat "Boule de Neige 2".


Un mot sur le graphisme


Commençons par un petit mot sur le graphisme. Ceux qui n'adhèrent pas à la simpsonmania invoquent souvent une barrière graphique insurmontable. Il est vrai que c'est le seul point de la série de Matt Groening qui manque de réalisme, les personnages ressemblant assez peu à des humains. Il est concevable également de les trouver horribles au premier abord (sans pour autant égaler les Razmokets ou encore Beavis and Butt Head) : tous sont d'un jaunâtre peu sympathique, leurs bouches bardées de dents pointues peuvent paraître carnassières, ils n'ont que 4 doigts, quant à leurs cheveux, c'est édifiant : s'il est difficile de parler du cas Homer vu le peu qu'il lui reste sur le crâne, on peut s'interroger sur la choucroute bleue de Marge, la coiffure "tapis de fakir" de Bart ou celles de ses sœurs, très branchées étoiles de mer. Pourtant ce design est la marque de fabrique Simpson, se prêtant à merveille aux besoins des situations et autres gags. Aussi, de nombreuses stars américaines se sont vues "simpsonnisés", ou bien ont prêté leurs voix afin de participer à un épisode de cette série qui fait des émules dans le monde entier.

Mais quelle la recette de ce succès ? En fait, Les Simpsons sont faits pour rire, d'un humour souvent raffiné, celui dont on pourrait se délecter sans lassitude, même sur les sujets qui, à priori, ne s'y prêtent pas. Avant de rentrer plus en avant dans l'histoire, quelques précisions : chaque épisode a la même ossature. Ainsi, tous commencent avec une situation anodine, qui n'a souvent rien à voir avec le sujet, mais qui va en être la base (Ex : Une visite dans un parc d'attractions avec des animaux domestiques va permettre de lancer un épisode sur Lisa se découvrant végétarienne). A partir de là, Matt Groening a tenté et réussi un pari audacieux : faire une série très subtile avec des personnages grossiers, qui ne cachent rien de leurs défauts.


Le déroulement de la série


Homer est le personnage le plus important de la série. C'est généralement à partir de lui que toutes les aventures commencent ou que toutes les situations s'emmêlent jusqu'à ce qu'elles deviennent complètement absurdes. Homer, bien qu'employé comme technicien de sécurité nucléaire au sein de la centrale de la ville, peut donc passer artiste, routier, entraîneur sportif, imprésario ou encore astronaute sans problèmes. Toutes les situations qu'il crée, et évidemment le fait qu'il travaille dans une centrale, ne sont bien sûr que des prétextes à Matt Groening de critiquer l'objet ou le comportement de son choix.
Les enfants tiennent également une place très importante. Bart, (dont le nom est l'anagramme de brat, c'est à dire mauvais garçon en anglais) est une copie de Bongo, c'est à dire Matt Groening enfant, Bart est plus exactement une compilation de Matt lui-même et de son petit frère, avoue l'auteur. Maggie et Lisa sont pour Matt une représentation de ses petites sœurs de mêmes noms. Les enfants apportent un point de vue différent des adultes et Matt Groening y tient beaucoup dans sa série. D'autre part, Lisa est le personnage préféré de Matt car selon lui, c'est la seule personne capable de s'échapper de Springfield.

Car Springfield peut bien s'apparenter à un asile où tous les personnages, qu'ils soient principaux, secondaires ou qu'ils ne fassent qu'une courte apparition, sont tous plus ou moins fou. Cette folie collective sert largement les fins de Matt qui peut vraiment étendre ses critiques, son cynisme et son pessimisme sur tous les sujets qu'il n'a pu développer dans "Life in Hell". On ne pourra alors que reconnaître nos propres traits de caractère ou comportements à travers tel ou tels personnages. En ridiculisant ses personnages, Groening critique toute la Société, et pas seulement les Américains même si la série baigne dans la culture US.

Pour être capable d'apprécier pleinement ce dessin animé, il faut connaître un minimum l'univers "simpsonnien", à savoir tous les personnages récurrents (entre 40 et 50), les lieux, les mentalités et l'élocution de chacun. Ce qui nous amène à un point important : la mobilité de l'espace et du temps. Ainsi, durant tous les épisodes, à l'instar de nombreuses séries, il n'y a pas d'évolution temporelle : Maggie suçant toujours bruyamment sa tétine depuis le premier épisode. Ensuite, il faut noter que Les Simpsons évoluent dans un microcosme statique : c'est à dire que si les données évoluent durant l'épisode, elles sont irrémédiablement remises en ordre à la fin. Ainsi Homer conservera toujours son tour de taille, Bart son impertinence, Lisa sa sagesse précoce, Marge sa choucroute et Maggie ses vols planés au plancher. Il en va de même pour tous les autres personnages. Seule exception constatée, la disparition de la femme de Ned Flanders (Adieu Maude , BABF10).

Pour être tout à fait exact, il existe des épisodes Simpson ou l'ordre instauré est totalement chamboulé. Il s'agit de volets particuliers, un par an : les spéciaux Halloween, qui respectent à merveille cette fête inquiétante. Le petit théâtre des Simpson nous joue des opus macabres parsemés de ci et de là de nombreux cadavres, le tout évidemment, enrubanné d'humour (noir). Un petit exemple croustillant : Homer doit tuer son patron qui se trouve être un vampire (pour l'occasion). Alors que l'action est tendue et que le téléspectateur se demande si l'affreux en question ne va pas se réveiller, Homer lui plante le pieux non pas dans le cœur, mais dans l'entrejambe. Le tir étant rectifié, le patron-vampire meurt non sans avoir viré Homer au préalable (après tout, c'est son boss).

Cependant il y a une difficulté à faire un article sur l'humour Simpsonnesque ; peut être vous en êtes vous rendu compte avec l'exemple qui vient d'être donné. En effet, Les Simpsons reposent sur un comique de situation permanent, totalement impossible à retranscrire sur papier. Disons pour simplifier, et c'est là tout l'intérêt, que les gags interviennent alors que l'on ne s'y attend pas; et qu'en gros, il arrive toujours le contraire de ce à quoi s'attend le personnage concerné ou alors s'il espère ce contraire, c'est le dénouement normal qui se produira. Complexe, n'est-ce pas ? Pour résumer, disons que l'humour dans cette série résulte dans un perpétuel effet de contradiction entre ce qui est dit et ce qui est fait.
La série comporte de très nombreuses allusions à certains films ou séries TV, par le biais de séquences entièrement reprises dans l'épisode (Ex : Le Fugitif, Thelma et Louise, Terminator 2, Alien, Dracula, Star Wars, Souviens toi l'été dernier, Citizen Kane, Matrix, James Bond, X files, Le Prisonnier, Xena…).

Signalons aussi que Les Simpsons ont un générique particulier : durant ses quelques dizaines de secondes, toute la famille converge vers la maison (Bart est à l'école écrivant sur le tableau une punition à chaque fois différente, Homer est au boulot avec un bâton d'uranium dans son col de chemise, Lisa se fait virer du cours de musique car entamant un solo au milieu d'une répétition et Marge se trouve au supermarché en compagnie de Maggie). Chacun fonce (voiture, vélo ou skate) vers un objet absolument essentiel pour la famille : le fauteuil. Bon, d'accord mais quelle est l'originalité ? Eh bien, au moment ou tout le monde se retrouve dans le salon, le dénouement final change à chaque fois. Si tout les DA ont toujours les même génériques à 100%, celui des Simpson a toujours le même corps mais avec une chute qui varie perpétuellement. Ce qui fait dire qu'un épisode commence bien par le générique, sinon on loupe un gag.


L'envers du décor


Nous rentrons maintenant dans ce que l'on pourrait définir comme l'envers du décor, ce que Les Simpsons veulent faire passer comme message.
Si un premier mot devait rimer avec Les Simpsons, ce serait satire. Tout est critiqué ouvertement et sans ménagement. Absolument tous les aspects de la société des USA (mais aussi à l'étranger) sont passés à la moulinette : cela va de la politique, au système scolaire en passant par la religion ou le show business. Enfin une production américaine qui n'a rien d'une apologie narcissique de la planète U.S.A., merci Les Simpsons ! Cette série est un véritable dénonciateur mais on ne peut s'empêcher de penser, entre deux éclats de rire, que le fond de la critique reflète malheureusement la réalité. C'est pourquoi, il me semble que Les Simpsons s'adressent et ne peuvent être compris que par des adolescents et des adultes, tout du moins dans ses messages.
Les Simpsons ont longtemps été une série qui dénonçait pour en faire sourire. Maintenant, en plus de cet aspect, la série dénonce mais cela n'est pas fait pour que le téléspectateur se bidonne, cela a pour but de le faire réfléchir, sans le plonger dans la morosité.

Autre nouveauté qui divise les fans : depuis la saison 6, certains épisodes ne sont plus 100% clownesques, ils sont attendrissants, tout simplement beaux ("Avec Maggie, ça fait trois" (2F10), "La mère d'Homer" (3F06), "J'y suis, j'y reste" (3F20), "Le mystérieux voyage d'Homer" (3F24), "Le Saxe de Lisa" (3G02). Il manquait quelque chose aux Simpson : de l'émotion. Ce vide est désormais comblé.

Si un second mot devait s'accorder avec la série, ce serait impitoyable. Personne n'est épargné, tous les personnages sont susceptibles d'avoir de gros ennuis : Police ou mafia (quelle différence pour eux ?) aux fesses, chutes de falaises à bord d'un skateboard, membres fracturés, racket, baston, accident de voiture, incendies, inondations, menace d'une comète ou d'une bombe atomique....Les scénaristes ont dû épuiser tous les cas de figure croyables et incroyables. Là aussi les Simpsons rompent avec certains clichés traditionnels et complètement irréalistes, comme "le héros perpétuellement invincible" ou "les méchants toujours punis".
Justement, arrêtons-nous un instant pour parler des affreux dans la série. Ils possèdent tous une psychologie intéressante et on peut affirmer que leur rôle ne se confine pas seulement à mettre en avant "la famille héros". Ainsi, Tahiti Bob, qui est l'ennemi juré de Bart, ne pense pas systématiquement à éliminer ce dernier. En effet, ce fin lettré tente plutôt de réduire la société (qu'il exècre) à sa plus simple expression. Mais Bob fait des apparitions sporadiques, et donc il cède sa place de "méchant en titre" à Monty Burns. Le directeur de la centrale nucléaire où travaille Homer incarne l'ignominie faite homme. Il est détestable car très puissant et il n'hésite à en profiter pour harceler les plus faibles : ce simple état de fait prouve qu'une série peut posséder une être maléfique sans que celui ci se lance pour autant dans une récurrente et soporifique conquête du monde. Pour Mr Burns, contrôler Springfield est largement suffisant, et il s'avère que ce dernier a très souvent le dernier mot.

On peut noter aussi une certaine évolution qu'ont donné Matt Groening et ses collègues à la série. Au début, Homer, Bart mais aussi Lisa et Marge (Maggie exclue vu ce qu'elle a à dire) apparaissaient presque ignobles car aucun lien familial ne semblait les unir, avec comme preuve une mémorable séance d'électrocution collective chez le Professeur Marvin Monroe ("Simpsonothérapie" (7G04) ou chaque Simpson a la possibilité d'envoyer un coup de jus aux quatre autres, gare aux tentations !!). Au fil des épisodes, cette tendance a, à notre grande joie, disparu, donnant au terme "famille Simpson" tout son sens. Homer n'hésite plus à tout entreprendre pour protéger ses enfants, ce qui avant n'était pas évident (même si le résultat est identique : désastreux). Il faut dire que dans Les Simpsons, il y a une différence très nette entre ce qui a de l'importance et ce qui est bénin. Pour le premier cas de figure, un brin de sérieux est de mise ; pour le deuxième, prétexte à 80% des gags, la folie hilarante est obligatoire. De tout ceci ressort qu'il est évident que la famille Simpson n'a pas que ce côté bas et vil que certains se sont empressés de leur affubler. Tout Simpson qu'ils sont et quoi qu'ils fassent, Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie sont irrésistiblement attendrissants, de véritables héros de dessin animé.

Après 12 ans d'existence, les Simpons sont mondialement reconnus. Alors que la première saison est désormais disponible en DVD, la douzième saison des Simpons est en cours de diffusion. La série s'arrêtera-t-elle un jour ? Les fans n'espèrent pas et ils ont raison car la série est aujourd'hui devenue une véritable institution.


tags : histoire des simpsons , marge , homer , bart, lisa
par cristobal publié dans : les simpsons
Vendredi 15 juin 2007

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